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Sommaire de tous les billetsVendredi 24 octobre 2008
Patriotisme : Que se cache-t-il derrière ce mot? Quel sens lui donner dans une société transformée au cours des 5 dernières décennies?

Je me suis rendu sur Wikipedia, et ai relevé la définition d’en-tête comme suit :
Le patriotisme (du latin pater, père) est un sentiment d'appartenance à un pays, qui renforce l'unité selon des valeurs communes.
C'est un état d'âme/d'esprit qui pousse quelqu'un à ressentir de l'amour et de la fierté et à défendre les intérêts de son pays.
On distingue le patriotisme du chauvinisme, qui en est la manifestation excessive voire agressive. Le patriotisme se distingue aussi du nationalisme, qui est une idéologie politique.
Le premier concept que je relève est ce sentiment d’appartenance à un pays, associé au renforcement de l’unité.
Faisons maintenant un peu d’empathie et mettons-nous dans la situation d’une personne «visiblement minoritaire» (que je déteste cette expression !) et essayons de réfléchir aux «sentiments» qui peuvent habiter son esprit dans notre société française d’aujourd’hui.
Nous ferons l’hypothèse que cette personne n’est pas délinquante, est née en France, est administrativement tout à fait française, et descend d’une lignée issue d’une ancienne colonie.
Cette personne a donc fréquenté dans son enfance l’école de la république. Lors de cette scolarité, elle a appris l’histoire de son pays, la France. Peut-elle faire sienne cette histoire ? Cette histoire «de France» est-elle encore l’histoire de tous les français, ou bien est-elle devenue l’histoire de «certains français» plus que celle de «certains autres» ? Ne manque-t-il pas certaines clefs pour que notre sujet se sente concerné par cette histoire ?
D’autre part, au cours de cette scolarité, l’enfant va découvrir sa «singularité» par l’expérience inévitable de brimades, de comportements l’excluant, de la part de ses camarades plus «conventionnels», ces dits camarades ne faisant qu’importer à l’école ce qu’ils auront plus ou moins absorbé dans leur environnement proche et familial.
Notre sujet va donc apprendre, dès l’enfance, à évoluer dans une société dans laquelle il devra s’imposer continuellement s’il ne veut pas être marginalisé.
Plus tard, d’autres expériences viendront compléter la liste des épreuves à franchir, toutes liées à la nature, ou à l’identité de notre sujet, indépendamment de ses facultés ou de ses comportements. Se loger, trouver des stages puis un emploi, se faire accepter par une belle-famille, seront des étapes toujours un peu plus «challenging» que pour une personne «visiblement majoritaire».
N’oublions pas que notre sujet est une personne ordinaire, c'est-à-dire ni une tare, ni un génie. Ces épreuves successives sont donc perçues comme des souffrances et peuvent, pour certaines, s’avérer insurmontables. C’est l’expérience de l’échec. Ces épreuves vont être vécues comme une succession d’injustices, en tous points de vue pourtant «injusticiables». Qu’est-ce à dire ? Cela signifie que la société, c'est-à-dire tous les symboles de la nation, se révèlent incompétents pour remettre un peu de justice et atténuer ces souffrances. Pire même, ces souffrances sont tues, minimisées, voir niées par une société qui se cache derrière des icones (déclaration des droits de l’homme, patrie des droits de l’homme, etc…). Notre sujet n’a donc que le choix de se taire et de «vivre avec».
Alors je pose la question : Notre sujet va-t-il facilement développer un sentiment d’appartenance à cette patrie qui le frustre ? Notre sujet est-il dans un environnement «d’unité» renforcée comme le définit Wikipedia? La première «valeur commune» ne devrait-elle pas être le sentiment de justice ?
Alors, quand les «gens bien intentionnés» s’offusquent de sifflets footballistiques, je m’offusque moi de ce silence et de ce négationnisme assourdissant. Cette société de croquantes et de croquants qui déjà en son temps mettait Brassens en rogne, c'est elle qui doit s'interroger.
Titophe
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Sommaire de tous les billetsLibellés : coup de gueule, définitions, discrimination, éducation, histoire, immigration, préjugés, stéréotypes, symboles, tabous