153 - La voix qui se voit?
Lundi 5 mai 2008
Je relaye aujourd'hui une vidéo initialement publiée par mon ami Jocelyn-Charles.
Le thème: La force des préjugés subis par les acteurs de doublage noirs. Les noirs auraient une voix spécifique à leur couleur, donc ne peuvent doubler que des noirs. Par contre, les acteurs blancs auraient une vois plus universelle, leur permettant de doubler des blancs et des noirs.
Au-delà du sujet, le thème ici est encore une fois le poids des préjugés largement répandus, admis, et jamais contestés. En téléspectateur moyen, je ferai ici un parallèle avec ce que j'ai entendu dernièrement de la bouche des "jurys" de l'émission La nouvelle star sur M6.
Ils "analysaient" la voix d'une des candidates, et la qualifiaient de "négresse blonde". En effet, un des personnages formant ce "jury" expliquait que la performance de la jeune femme lui permettait de se comparer aux "voix noires qui groovent" et qui seraient, jusqu'à ce jour, une caractéristique vocale spécifique aux femmes noires...
Loin de moi l'idée de qualifier cet intervenant de raciste primaire, je ne le nomme d'ailleurs pas car là n'est pas mon objectif. Mais que voilà un magnifique sujet de questionnement!
J'ai en effet souvent entendu cette affirmation. Si un tel préjugé est encore si présent, c'est que jamais il n'est remis en question sur la place publique. Comme ne le sont d'ailleurs pas d'autres préjugés analogues (les noirs ont le rythme dans la peau, les noirs sont de redoutables fêtards, les noirs ont des sexes sur-dimentionnés, les noir(e)s sont chaud(e)s et ont une libido démesurée, etc...)
Le poids des préjugés n'est que la conséquence du poids des tabous qui inhibent toute remise en question ouverte. Et pourquoi, me direz-vous, ces sujets seraient tabous? Tout simplement pour des raisons commerciales. Lorsque vous sélectionnez une chaine de télévision, si le programme diffusé vous met mal à l'aise, vous zappez. Une des causes de malaise systématique est une "identification négative":
"Je me délecte à regarder les travers des autres, mais s'il vous plait, ne me parlez pas des miens!"
Ces préjugés, dont celui des "voix noires", sont très largement partagés. Les dénoncer en les remettant en question, c'est prendre le risque de déranger les téléspectateurs qui s'identifieront aux porteurs de préjugés, donc de faire un mauvais score d'audience. Voilà le fameux "tabou commercial" en route dans toute sa malignité et sa perversité. Expliquer, remettre à plat certaines inepties, n'est plus possible dans un monde formaté pour le "business". On préfère laisser passer quelques bêtises déclamées avec un air inspiré, qui renforcent un peu plus les préjugés déjà si tenaces.
Pour ceux qui ont tenu jusqu'ici, je vous laisse découvrir ces extraits d'émission de France O, la "télé des noirs" puisque le sujet n'y est pas tabou...
Vraiment, il y a du boulot...
Revenir à la page principale --- Sommaire de tous les billets



Pour la première fois, un responsable français a qualifié de"massacres" la répression par les autorités françaises des manifestations d'Algériens en faveur de l'indépendance, immédiatement après la fin de la seconde guerre mondiale."
Selon les Algériens, cette répression, à laquelle avaient participé des milices de civils, aurait fait 45 000 victimes. Du côté français, le bilan oscillerait entre 1 500 et 8 000 morts.

Mais aujourd'hui, ce qualificatif prend une signification plus sombre. En effet, depuis quelques jours le Cameroun, jusqu'ici absent de l'actualité malheureuse des guerres et atrocités secouant bien d'autres pays africains, fait parler de lui par des évènements qui autorisent toutes les inquiétudes. Le Cameroun, pays si cher à mon coeur, que j'ai arpenté de long en large il y a 20 ans, va-t-il se transformer en un Rwanda ou un Kenya à feu et à sang? Cette tranquilité jusqu'ici préservée n'était-elle pas l'arbre qui cache la forêt? Cette Afrique aujourd'hui exangue sera-t-elle une nouvelle fois reconstituée en miniature au Cameroun?
Je regrette que cette actualité soit encore trop absente des médias télévisés. Faut-il plus de sang, plus de spectacle dans l'horreur pour que nous nous en émouvions? Et si d'en parler avant que les choses ne dégènèrent permettait d'éviter un drame? Le silence est le pire des complices.


Et voici enfin la seconde sous-catégorie, celle qui fait appel au jugement intrinsèque, c'est-à-dire au jugement que chaque individu se porte à lui-même. Nous sommes au cœur de l’intimité de chacun, car les interdits de cette nature restent valables même lorsque l’individu est seul. C’est ici que se trouvent « les tabous ». Certains exemples me venant à l’esprit sont souvent en lien direct avec des questions existentielles profondes :
C'est justement parce que je suis un ministre d'ouverture et que j'ai adhéré au discours de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique que je souhaite que les choses changent. Or la rupture tarde à venir. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d'intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d'égal à égal. La "Françafrique" est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Il ne s'agit pas de faire la morale, mais d'aider au développement. Or, à cause de défauts de gouvernance dans certains pays, notre politique de coopération, malgré de multiples réalisations, ne permet pas des progrès à la hauteur des efforts consentis.