Racisme et Histoire: Le Tabou

La société Francaise souffre d'amnésie. Elle se refuse à reconnaitre les périodes peu glorieuses de son histoire durant lesquelles l'esclavagisme et le colonialisme ont été justifiés par un racisme institutionnel. Ces périodes sont révolues, mais mal assumées, formant ainsi un bon terreau pour permettre au racisme institué à l'époque de survivre sous d'autres formes.

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Marié a une femme noire depuis bientot 20 ans, père d'enfants metis, je suis de plus en plus inquiet face aux non-dits de notre société occidentale. Admettre et reconnaitre notre histoire dans ses composantes les moins glorieuses serait enfin admettre qu'etre Francais, ce n'est plus seulement etre un descendant des gaulois. Nous pourrions rendre leur dignité a celles et ceux qui se sentent exclus.

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24 octobre 2008

167 – A propos du patriotisme

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Vendredi 24 octobre 2008

Patriotisme : Que se cache-t-il derrière ce mot? Quel sens lui donner dans une société transformée au cours des 5 dernières décennies?


Je me suis rendu sur Wikipedia, et ai relevé la définition d’en-tête comme suit :

Le patriotisme (du latin pater, père) est un sentiment d'appartenance à un pays, qui renforce l'unité selon des valeurs communes.
C'est un état d'
âme/d'esprit qui pousse quelqu'un à ressentir de l'amour et de la fierté et à défendre les intérêts de son pays.
On distingue le patriotisme du
chauvinisme, qui en est la manifestation excessive voire agressive. Le patriotisme se distingue aussi du nationalisme, qui est une idéologie politique.

Le premier concept que je relève est ce sentiment d’appartenance à un pays, associé au renforcement de l’unité.

Faisons maintenant un peu d’empathie et mettons-nous dans la situation d’une personne «visiblement minoritaire» (que je déteste cette expression !) et essayons de réfléchir aux «sentiments» qui peuvent habiter son esprit dans notre société française d’aujourd’hui.
Nous ferons l’hypothèse que cette personne n’est pas délinquante, est née en France, est administrativement tout à fait française, et descend d’une lignée issue d’une ancienne colonie.

Cette personne a donc fréquenté dans son enfance l’école de la république. Lors de cette scolarité, elle a appris l’histoire de son pays, la France. Peut-elle faire sienne cette histoire ? Cette histoire «de France» est-elle encore l’histoire de tous les français, ou bien est-elle devenue l’histoire de «certains français» plus que celle de «certains autres» ? Ne manque-t-il pas certaines clefs pour que notre sujet se sente concerné par cette histoire ?

D’autre part, au cours de cette scolarité, l’enfant va découvrir sa «singularité» par l’expérience inévitable de brimades, de comportements l’excluant, de la part de ses camarades plus «conventionnels», ces dits camarades ne faisant qu’importer à l’école ce qu’ils auront plus ou moins absorbé dans leur environnement proche et familial.

Notre sujet va donc apprendre, dès l’enfance, à évoluer dans une société dans laquelle il devra s’imposer continuellement s’il ne veut pas être marginalisé.

Plus tard, d’autres expériences viendront compléter la liste des épreuves à franchir, toutes liées à la nature, ou à l’identité de notre sujet, indépendamment de ses facultés ou de ses comportements. Se loger, trouver des stages puis un emploi, se faire accepter par une belle-famille, seront des étapes toujours un peu plus «challenging» que pour une personne «visiblement majoritaire».

N’oublions pas que notre sujet est une personne ordinaire, c'est-à-dire ni une tare, ni un génie. Ces épreuves successives sont donc perçues comme des souffrances et peuvent, pour certaines, s’avérer insurmontables. C’est l’expérience de l’échec. Ces épreuves vont être vécues comme une succession d’injustices, en tous points de vue pourtant «injusticiables». Qu’est-ce à dire ? Cela signifie que la société, c'est-à-dire tous les symboles de la nation, se révèlent incompétents pour remettre un peu de justice et atténuer ces souffrances. Pire même, ces souffrances sont tues, minimisées, voir niées par une société qui se cache derrière des icones (déclaration des droits de l’homme, patrie des droits de l’homme, etc…). Notre sujet n’a donc que le choix de se taire et de «vivre avec».

Alors je pose la question : Notre sujet va-t-il facilement développer un sentiment d’appartenance à cette patrie qui le frustre ? Notre sujet est-il dans un environnement «d’unité» renforcée comme le définit Wikipedia? La première «valeur commune» ne devrait-elle pas être le sentiment de justice ?

Alors, quand les «gens bien intentionnés» s’offusquent de sifflets footballistiques, je m’offusque moi de ce silence et de ce négationnisme assourdissant. Cette société de croquantes et de croquants qui déjà en son temps mettait Brassens en rogne, c'est elle qui doit s'interroger.

Titophe





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11 Comments:

Anonymous Anonyme said...

"D’autre part, au cours de cette scolarité, l’enfant va découvrir sa «singularité» par l’expérience inévitable de brimades, de comportements l’excluant, de la part de ses camarades plus «conventionnels», ces dits camarades ne faisant qu’importer à l’école ce qu’ils auront plus ou moins absorbé dans leur environnement proche et familial."

C'est vous qui le dites, mais je crains que vous soyez bien loin de la realite.
Deux sondages, publies dans Le Monde, montrent que c'est l'nverse qui se produit.
75% des "jeunes" de banlieues non-musulmans "pensent" qu'il n'y a pas assez de mosques.
60% des eleves de ZEP non mulsulmans font ramadan.

Allez, je parie que vous avez mis vos filles dans le privee?

24 octobre, 2008 11:06  
Blogger Titophe said...

En tant que défenseur acharné de l'école publique, mes filles y sont et ne risquent pas de passer dans le privé

24 octobre, 2008 11:13  
Blogger claire.bozec@gmx.de said...

Elle est à toi cette chanson
"Toi l'Auvergnat qui sans façon
M'as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez
Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un feu de joie"
G. Brassens
Cher Titophe, c'est l'Auvergnat qui a réchauffé l'étranger..

25 octobre, 2008 21:38  
Blogger Titophe said...

Merci Claire! Je suis pourtant un inconditionnel de Georges Brassens que j'écoutais en boucle dans mon adolescence, mais j'avoue avoir perdu ma clairevoyance dans mon emportement. Je corrige immédiatement. Je n'ai d'ailleurs rien contre les habitants de l'Auvergne, mais le terme voulait simplement symboliser ces croquantes et ces croquants qui se réfugient derrière les convenances pour masquer leur vulgarité.

27 octobre, 2008 10:27  
Anonymous charlotte said...

Il me semble que la répression en matière de racisme ne modifiera en rien les comportements, comme pour de nombreux problèmes de société, l'éducation est primordiale. Mais quand le "modèle" vient des gouvernants, aucune chance pour que ça change, il faut bien trouver un responsable aux maux de notre société n'est-ce-pas ? L'immigré est le bouc émissaire idéal, en accusant l'autre de tous les maux,(chomage, sécurité...) on s'exonère de toute responsabilité, c'est confortable et rassurant.
Bien à toi

29 octobre, 2008 06:32  
Anonymous Isabelle said...

Il me semble de toute façons que ce débat du patriotisme devient de plus en plus inutile, caduque, dépassé. Nous avançons vers une globalisation, un sentiment d'unité avec le reste de l'humanité, même si nos pas sont pour l'instant encore balbutiants. Mais ce qui se passe aux USA bouscule et va bousculer les mentalités. Citoyens du monde nous sommes et cela entre progressivement dans nos esprits.
Je comprends ce que vous dénoncez, mais je crois que la République gagnerait à accompagner nos enfants vers une vision plus grande que le patriotisme: l'universalité. Ainsi, nous avancerions plus efficacement vers l'inclusion des différentes cultures qui co-habitent dans un même espace.Le sentiment d'appartenance à quelque chose de plus grand que nos frontières me semble une urgence pour dépasser les communautarismes, qu'ils soient "patriotes" ou autres...
:-)

29 octobre, 2008 08:26  
Blogger Titophe said...

Bonjour Charlotte, et merci de ton passage. Les gouvernants sont à notre image, et leur communication entretient cette dualité. Je pense qu'il faut que chacun se libère afin de pouvoir penser par soi-même. Initier cette libération passe d'abord par interpeller les consciences.

Isabelle, oui, 1000 fois oui! Ma grand-mère, disparue en 2002, avait vécu 2 guerres. Je l'ai toujours entendu dire une chose qui peut paraitre risible pour un esprit cynique: "La pire invention des hommes, c'est les frontières!" A 43 ans, je crois toujours qu'elle avait raison.

29 octobre, 2008 08:48  
Blogger Titophe said...

Isabelle, je complète ma réponse: Vous parlez du "sentiment d'appartenance à quelque chose de plus grand que nos frontières ".
C'est l'idée initiale de la petite fable que j'avais inventée il y a deux ans, ou une "rencontre du 3ème type" était l'élément déclencheur de la prise de conscience de cette inclusion.

29 octobre, 2008 08:54  
Anonymous asd3 said...

Bonsoir,

En ce qui concerne le mélange des cultures je suis d'accord, mais tout dépend de quel mélange. Une amie à moi qui va bientôt s'installer à Paris, m'a dis qu'elle avait eu du mal a trouvé un logement, (elle voulait trouver dans un foyer), parce qu'on lui disait tout le temps "ben là attention, c'est le quartier chinois", "attention là c'est les juifs" etc... il ya des quartiers d'ethnies, Paris est international, donc il ya le "mélange" des cultures. Seulement c'est un mauvais mélange car ce sont des quartiers, donc des clans, il est normal que dans une grande ville quand on est perdu on se réuni avec ceux de notre culture, mais là du coup les gens se retrouvent aglutinés dans des quartiers, ils sont séparés, il n'y a en fait pas vraiment de mélange, et surtout aucun partage, les français n'y gagne rien et ceux de cultures différentes non plus. Il y a un mélange que dans les magasins, au niveau économique et parfois culturel pour le cinéma, théatre etc... mais pas vraiment de partage entre les individus. mon amie est syrienne, donc arabe, mais catholique, elle est plus proche de la culture française que celle des musulmans, mais parce qu'elle est syrienne les français la considére d'emblé comme une musulmane alors qu'être musulman c'est une religion.

D'ailleurs il ya un truc bisarre dans ce que dit anonyme à propos du journal "le monde", je pense qu'anonyme a du se planter car; on ne peut pas faire ramadan sans être musulman. musulman est une religion. on peut être musulman et ne pas faire ramadan et donc être en état de pêché mais quand on fait ramadan on est musulman.Il me semble que d'aprés eux, Dieu a écrit la manière de se comporter dans le coran, la politique d'après eux devrait coller au coran ce qui explique la fusion de la politique et de la religion dans les pays musulmans, mais ça reste une religion. Du moins il me semble que c'est ça.

Autre chose, la même amie est allée dans un bar stylé arabe en France avec des amies françaises (blanches), mon amie qui comprend les paroles des musiques qui passaient dans le bar a dit que ça devrait être interdit. Ils passaient des chansons religieuses musulmanes. Une de ces amies s'est sentie choquée; elle lui a dit qu'elle était raciste (puisque mon amie est arabe mais catholique) , son "amie" ne comprenait pas les paroles.

Que ce soit d'un côté ou de l'autre ça ne va pas. On a des quartiers de cultures différentes oui mais entre lesquels il y a des tensions, les banlieues ne sont pas intégrées. Les gens de couleur sont discriminés, mais le politiquement correct fait que les gens qui dise des choses à l'encontre de la culture d'une personne de couleur est tout de suite catégorisée comme raciste alors qu'elle ne l'est pas forcément. là mon amie trouvait que passer des chants religieux dans un bar n'était pas correct, mais pourtant elle vient de syrie et sans être musulmane elle accepte les musulmans, elle a des amis musulmans etc... mais le politiquement correct de son amie blanche lui fait dire qu'elle est raciste. Et à côté il y a des gens qui sélectionnent du personnel selon la couleur et la nationnalité mais qui ne sont pas ou du moins très peu sanctionner.

Je pense qu'il faudrait prendre le meilleur des cultures et rejeter le mauvais (tout ce qui est extrémiste). mais on fait le contraire, le politiquement correcte est prés a tout prendre pour ne pas avoir l'étiquette raciste, donc on ferme les yeux sur certaines choses (par exemlpe des femmes qui ne peuvent pas passer dans les couloirs de leur bâtiments à certaines heures car des musulmans font la prière à ces heures, c'est un exemple avec les arabes car c'est le seul que j'ai présentement en mémoire d'une histoire vraie, enfin vécue) mais on rejette silencieusement le meilleur, les étrangers sont renvoyés chez eux (l'année dernière un étudiant de physique à été interpellé chez lui pour qu'il quitte la France, alors qu'il entamait une nouvelle année, et qu'il allé passer les examens son récipicé n'a pas été renouvelé, il a révisé ses examens sans savoir si il allait les passer, tous les jours il avait peur que les policiers arrivent, je crois qu'il y aeu appel et qu'il a eu un nouveau récipicé pour finir l'année, mais je ne suis pas sûre, mais ce qui m'a le plus interpellée c'est que je n'en est pas entendu parlé, j'ai lu un appel sur une feuille dans le batiment de physique qui restait là depuis un an, et je me suis renseignée, mais ça n'a pas fait beaucoup de bruit, étant en psycho la physique n'est pas mon UFR,mais tout de même, dans une ville où les gens de "gauche" sont majoritiares et gueulent à chaque gréve et font des blocus de fac pour "défendre les droits de chacun et rester unis entre les différents UFR " ben là...) enfin bref, les étrangers sont renvoyés chez eux, le recrutement dans les entreprises ou autres, les propriétaires de logements demandent aux agences de ne pas leur amener des gens de "couleurs. etc... j'ai l'impression qu'il faudrait faire exactement le contraire de ce que l'on fait.

30 octobre, 2008 20:14  
Anonymous asd3 said...

Rebonsoir, je me suis rendue compte que mon commentaire précédent était un peu à côté de la plaque, car eb fait le patriotisme, j'ai du mal avec cette notion. quand je l'ai abordée elle était présentée avec la colonisation ou lors des guerres mondiales...Pour moi le patriotisme a toujours renvoyé à quelque chose de mauvais, mais en me^me temps je n'arrive pas à le définir. Je veux défendre les drroits de l'homme, les valeurs françaises, donc je suis pratiotique? mais je sais que mon pays est bien loin de ressembler a ses belles valeurs et qu'il les défends trop peu souvent à mon goût, donc je ne suis pas patriotique car je ne suis pas d'accord avec les décisions de la majorité ou du gouvernement?
Je pense que la question du patriotisme ne pose pas de problémes que pour les personnes "minoritaires", et on ne referra pas l'histoire, il y a eu les colonisations, les guerres,...

30 octobre, 2008 20:26  
Anonymous Anonyme said...

Bonjour,

Plutot que paraphraser avec assez peu de talent la pensee de Finkielkraut, je vous donne ces deux liens:
Finkielkraut1

Finkielkraut2

Il explique combien l'esprit patriotique est et a ete important pour qu'une nation soit unie.

C'est un brillant expose.

31 octobre, 2008 11:22  

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