Racisme et Histoire: Le Tabou

La société Francaise souffre d'amnésie. Elle se refuse à reconnaitre les périodes peu glorieuses de son histoire durant lesquelles l'esclavagisme et le colonialisme ont été justifiés par un racisme institutionnel. Ces périodes sont révolues, mais mal assumées, formant ainsi un bon terreau pour permettre au racisme institué à l'époque de survivre sous d'autres formes.

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Marié a une femme noire depuis bientot 20 ans, père d'enfants metis, je suis de plus en plus inquiet face aux non-dits de notre société occidentale. Admettre et reconnaitre notre histoire dans ses composantes les moins glorieuses serait enfin admettre qu'etre Francais, ce n'est plus seulement etre un descendant des gaulois. Nous pourrions rendre leur dignité a celles et ceux qui se sentent exclus.

Le coin des compteurs
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20 janvier 2009

176 – De Gaza à Washington, l’attente

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Mardi 20 janvier 2009

J’ai été plusieurs fois interpellé, ici et ailleurs, pour ne pas traiter de la guerre sur la bande de Gaza, et du sort de ces milliers d’enfants, femmes et hommes, pris dans l’étau immonde de la guerre et de la folie humaine.

Je suis resté sur la réserve, c’est vrai. Je pense que cette folie meurtrière n’est pas directement liée au racisme inspirant la thématique de ce blog, qui encore une fois n’est pas un espace dédié à l’actualité politique lorsqu’elle est hors contexte. C’est à contrario un lieu de réflexion thématique et je ne me sens pas très à l’aise pour parler de la géopolitique au Moyen-Orient.

Ceci ne signifie pas pour autant que je reste indifférent au drame humain qui est devenu l’injuste quotidien de millions de familles. Mais cette guerre est d’abord et avant tout le signe que les religions divisent avant de rassembler, que les certitudes qu’elles prônent et assènent à coup d’obus et de bombes mènent à tout sauf à la paix. L’histoire de l’humanité est une succession de massacres et de guerres menés au nom de dieux aux patronymes divers, mais avec de communes œillères.

Ce blog est celui du doute et du questionnement, certainement pas celui du prosélytisme dogmatique qui refuse l’ouverture à l’autre. Imposer ses croyances et ses valeurs, refuser d’entendre ou de voir celles des autres, c’est ce qui a contribué à faire du monde cette mosaïque explosive.

Aujourd’hui, 20 janvier 2009, un pays vit un moment historique. Ce pays, les Etats-Unis, symbolise tout un pan de l’Occident et son acharnement à imposer au reste du monde son modèle de société. Ce moment historique est une opportunité donnée à l’Occident de changer enfin d’image. Cette opportunité est une attente immense pour des milliards d’individus peuplant notre planète. Il est malheureusement probable que cette attente soit surdimensionnée. Néanmoins, elle est bien réelle et a pour fondement un désir de paix, un ras-le-bol de l’incohérence et du chao actuels.

Alors espérons nous aussi que les artisans du chao seront noyés, non pas par un super Obama qui ne peut pas grand-chose tout seul, mais par l’addition de tous ces espoirs et de toutes ces attentes dont le symbole incarné par un homme pourrait être l’élément déclencheur. Espérons qu’une prise de conscience simultanée et spontanée, qu’un désir de paix universel, puissent succéder à ce jour si spécial ou s’élève celui qui incarne la dignité d'une partie de l’humanité jusqu'ici dominée et humiliée

Obama ne peut vraisemblablement pas grand-chose pour les enfants de Gaza, mais ceux qui vivent là-bas peuvent peut-être arrêter leur folie en s’interrogeant sur le symbole du moment. Alors oui, les enfants de Gaza ont raison d’espérer.



Titophe


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06 novembre 2008

171 – Obama : Le temps des questions, et du réveil!

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Jeudi 6 novembre 2008


Obama a gagné, il est président des Etats Unis. Mais le caractère évènementiel et historique de cette élection est mondial. Pour la première fois de l’histoire, une personne apparentée aux laissés pour compte de l’humanité s'est hissée au sommet, considéré jusqu’alors comme inatteignable.

Cet évènement crée des attentes. Celles-ci ne seront pas satisfaites par Obama car, encore une fois, il est le président des américains. Point barre.

C’est maintenant au reste du monde de prendre le relais, ou de le laisser filer. L’occident, jusqu’alors défini comme l’ensemble des peuples de l’Europe et de l’Amérique du nord se trouve transformé dans sa symbolique par cet événement. Une partie de cet occident vient de franchir un cap, alors que le reste va maintenant concentrer tous les griefs de cette «haine» dont nous parle Ziegler.

La balle est donc dans le camp Européen, et la France un des épicentres majeurs.

La France n’est pas l’Amérique.
La population française n’a pas la même histoire que la population américaine. Les flux d’immigration sont différents et les liens des français issus de l’immigration avec leurs pays d’origines sont forts. Les noirs américains se contentent d’une politique intérieure plus juste, alors que les noirs français sont très sensibles au rééquilibrage des relations extérieures. Les attentes sont donc non seulement différentes, elles sont encore plus fortes.

Zébu, dans son excellent blog de citations, a posté il y a quelques jours celle-ci de Boris Cyrulnik :
Le déni, qu'il soit mental ou physique, est un mécanisme de défense qui permet de moins souffrir en s'adaptant à un réel incohérent. Mais ce facteur de protection empêche la résilience quand il freine la recherche de sens.

Bien entendu, j’élargis le contexte de l’individu à la société, mais je pense que cela reste vrai. Les laissés pour compte de notre société, descendants de colonisés, issus de pays encore noyés par l’humiliation, sont en attente de résilience. Seul ce mécanisme permettra de sortir du communautarisme sordide d’aujourd’hui. Cette résilience nécessite que le déni de leurs souffrances cesse, que tous nous reconnaissions celle-ci comme un fait indiscutable et sans développer une quelconque culpabilité par cette reconnaissance. Alors, une fois cette reconnaissance effectuée, l’Obama bien de chez nous pourra émerger, la Haine que nous engendrons pourra s’atténuer, les injustices que nous exportons pourront cesser.

…du temps, nous n’en avons plus beaucoup. Obama sera-t-il l’aiguillon nécessaire? Il serait pourtant sage de se réveiller.

Titophe



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05 novembre 2008

170 - YES !

Mercredi 5 novembre 2008
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YES! YES! YES! THEY CAN






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03 octobre 2008

164 - Obama représente-t-il une rupture?

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Vendredi 3 octobre 2008


On ne peut nier le caractère évènementiel de la candidature de Barak Obama. Jamais jusqu’ici la campagne présidentielle américaine n’a soulevé autant d’émotion hors des frontières US.
Le métissage du candidat démocrate, auquel s’identifie une grande partie du peuple noir mondial, est une première. Ceci dit, cet évènement soulève de nombreuses questions :


  • Obama aurait-il le même soutien s’il était républicain ?

  • Quel est le poids de ses idées et de ses potentialités face au poids symbolique de sa couleur ?

  • Pourrait-on avoir un Obama en Europe, et en particulier dans l’hexagone ?

  • En supposant qu’il l’emporte prochainement, cette symbolique peut-elle aider à transformer le monde ?

  • Plus de 80% des français soutiennent Obama. Seraient-ils autant si Obama se présentait en France?




Titophe


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04 juin 2008

158 - Quand les métis sont noirs

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Mercredi 4 juin 2008


Cet homme est métis, il fait partie de chacun d'entre nousAujourd'hui, les journaux font leurs grands titres sur la victoire annoncée de Barack Obama dans la course à l'investiture démocrate aux Etats Unis.

Quelques exemples
La une du monde:
"Barack Obama a remporté mardi l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de novembre, devenant ainsi le premier Noir à avoir une chance de gagner la Maison Blanche..."
Le titre de Libé:
Barack Obama, premier Noir à pouvoir briguer la Maison Blanche

Bien entendu, c'est une chance pour le monde de demain de voir changer les mentalités. Ce nouveau personnage, s'il est élu, symbolisant enfin l'entrée de la diversité dans le leadership de l'humanité.

Là n'est pas mon propos. Je suis attristé de voir les médias de tout bord identifier Barack Obama à la communauté noire. Cet homme est métis! Dans un pays qui a pratiqué l'esclavage durant des siècles, puis la ségrégation raciale jusqu'au milieu du vingtième siècle, l'avènement d'un métis est une symbolique extraordinaire que personne ne relève. Pourtant, ses racines n'appartiennent pas à une communauté, mais à toutes les communautés. Il est un symbole d'unité et de synthèse d'une société toute entière, de par ce métissage. A lui seul, il est la diversité dont le monde a besoin pour se construire de nouveaux repères.

Alors, quand les médias vont-ils enfin comprendre qu'avec cette symbolique d'union est enfin venu le temps de changer les discours et d'aborder les thématiques et les débats qui permettront d'accompagner cet évènement comme il se doit? Quand vont-ils comprendre que ce métissage brise enfin les silos du communautarisme?

PS: Ce blog est inscrit sur The BOBs dans la catégorie web francophone. S'il vous inspire, alors merci de poster un mot gentil sur la page correspondante! (cliquez sur le lien "Rate This")



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