Racisme et Histoire: Le Tabou

La société Francaise souffre d'amnésie. Elle se refuse à reconnaitre les périodes peu glorieuses de son histoire durant lesquelles l'esclavagisme et le colonialisme ont été justifiés par un racisme institutionnel. Ces périodes sont révolues, mais mal assumées, formant ainsi un bon terreau pour permettre au racisme institué à l'époque de survivre sous d'autres formes.

Vous êtes sur un lieu d'échange et de libre expression

Ma photo
Nom :

Marié a une femme noire depuis bientot 20 ans, père d'enfants metis, je suis de plus en plus inquiet face aux non-dits de notre société occidentale. Admettre et reconnaitre notre histoire dans ses composantes les moins glorieuses serait enfin admettre qu'etre Francais, ce n'est plus seulement etre un descendant des gaulois. Nous pourrions rendre leur dignité a celles et ceux qui se sentent exclus.

Le coin des compteurs
Visiteurs depuis le 17 novembre 2005:

25 janvier 2008

146 - « Le Tabou » : C’est quoi au juste?

Revenir à la page principale --- Sommaire de tous les billets
Vendredi 25 janvier 2008

Ce blog s’intitulant « Racisme et Histoire : Le Tabou », il serait temps de s’intéresser d’un peu plus près au concept du « Tabou », jusqu’ici évoqué sans pour autant être développé.

De tous temps, les hommes se sont fabriqué des règles, parmi lesquelles trônent en bonne place des interdits. Ces derniers, de nature très variés, sont schématiquement explicites ou implicites.

Dans la catégorie des interdits explicites, nous pouvons citer ceux qui relèvent du cadre législatif ou des règles de bienséance (politesse, courtoisie, savoir-vivre). Leur nature explicite se décline sous la forme de textes (lois, règlements, etc…) ou de comportements liés au « vivre ensemble », partagés par une communauté culturelle ("on ne parle pas la bouche pleine, on met sa main devant sa bouche avant d’éternuer, …"). Dans tous les cas, ces interdits restent explicables et abordables en société. Ils ne renvoient pas les individus dans des retranchements intimes, ne sont pas sujets à rendre mal à l’aise. Au contraire, leur existence est du domaine du rationnel.

Les interdits implicites, quant à eux, sont de nature très variée. Souvent liés à une culture, ils touchent de plus près à l’intimité des hommes. La pudeur, par exemple, est à la frontière entre ces deux mondes. La sexualité reste souvent une thématique chargée d’interdits implicites. Ces interdits ont un point commun : ils associent un jugement aux individus. Il convient néanmoins de distinguer deux sous-catégories :

Certains n’ont de sens qu’en société ou, du moins, lorsque plusieurs individus sont en présence. Ces interdits sont avant tout des facteurs inhibiteurs, qui peuvent disparaître temporairement en circonstances désinhibitrices (alcool/drogue, effet de bande, libido, …). Il est intéressant de noter ici qu’Internet, par l’intermédiaire du blog ou des forums, est souvent un facteur désinhibiteur permettant de passer outre de nombreux interdits implicites. Il suffit de regarder la foison de sites à caractère pornographique ou les interventions sont totalement délirantes. Plus généralement, les interdits implicites de cette nature sont lies au jugement extrinsèque, c'est-à-dire au jugement porté par « les autres » à chaque individu.

Et voici enfin la seconde sous-catégorie, celle qui fait appel au jugement intrinsèque, c'est-à-dire au jugement que chaque individu se porte à lui-même. Nous sommes au cœur de l’intimité de chacun, car les interdits de cette nature restent valables même lorsque l’individu est seul. C’est ici que se trouvent « les tabous ». Certains exemples me venant à l’esprit sont souvent en lien direct avec des questions existentielles profondes :
- Comment envisager la mort de ses enfants ? Pensée Tabou !
- Comment imaginer la sexualité de ses propres parents ?
Dans chaque cas, le malaise est sous-jacent. On s’interdit de penser. L’inhibition est à son comble. Le tabou protège de l’insoutenable.
La culpabilité, dans ce domaine, a toute sa place. De nombreux exemples de personnes ayant un lien direct avec des faits fortement culpabilisants montrent qu’ils construisent un voile noir permettant d’occulter ces faits, de les effacer de leur mémoire. C’est le cas de criminels passionnels (infanticides, parricides) développant un dédoublement de personnalité pour pouvoir projeter ces faits à un « autre » imaginaire.
La culpabilité indirecte, héritée, est aussi un puissant générateur de « tabous ». Que dire des descendants de grands criminels nazis, de grands « serial killers » ? Nous touchons enfin au terme de ce billet. L’histoire des peuples est faite de gloires et de pages plus sombres. Nous en sommes tous les héritiers. Cet héritage est parfois une blessure ou au contraire une culpabilité implicite, devenant un sujet « tabou ». Sortir ces pages du domaine du tabou, c’est avant tout savoir adresser le facteur de la culpabilité avec délicatesse et humanité. C’est avant tout une question de communication. Sommes-nous prêts ? Je le crois, oui. Comment faire ? C’est une autre histoire.



Titophe


Revenir à la page principale --- Sommaire de tous les billets

27 Comments:

Anonymous Gherart said...

Long billet pour seulement donner la définition du mot tabou: Tabou est un mot d'origine polynésienne qui signifie « défendu » ou « interdit ». Le verbe tapui signifie « rendre saint ». Il désigne, dans la littérature ethnologique, une prohibition à caractère magico-religieux dont la transgression entraîne un châtiment surnaturel. En polynésien, le contraire de tabou se dit "noa", ce qui est ordinaire, accessible à tout le monde. C’est ainsi qu’au tabou se rattache la notion d’une sorte de réserve, et le tabou se manifeste essentiellement par des interdictions et restrictions.

«L’histoire des peuples est faite de gloires et de pages plus sombres. Nous en sommes tous les héritiers. Cet héritage est parfois une blessure ou au contraire une culpabilité implicite»

Si je suis d'accord que nous sommes tous héritiers, nous ne sommes plus ni coupables ni responsables. Les enfants d'esclaves ne souffrent pas de l'esclavage, les enfants de colonisateurs se sont pas des colonisateurs. Ça parait évident et pourtant trop se recclament victimes de l'esclavage alors que depuis belle lurette ce barbarisme n'existait plus à leur naissance (mis à part dans quelques pays africains bien sur).

26 janvier, 2008 19:33  
Anonymous gherart said...

PS: Au fait, super crédibles les défenseurs des opprimés:
http://www.afrik.com/breve12333.html

Pour rappel, c'est un fondateur du CRAN.

26 janvier, 2008 19:43  
Anonymous David said...

Ca y est Titophe : Jo-Wilfried Tsonga est sur les métis célèbres.

27 janvier, 2008 10:36  
Blogger Titophe said...

Gherart,

L'objectif de ce billet n'est ni d'exacerber un complexe de culpabilité/victimite, ni de définir le mot Tabou.
En effet:
- Je reconnais d'autant plus que nous ne somes plus ni coupables, ni victimes, des actes du passé, que je l'ai écrit à plusieurs reprises: Ici, mais aussi et surtout, Ici

Ceci étant dit, je pense comme vous que personne aujourd'hui dans le clivage occident/afrique n'est dans une position active en rapport avec des faits d'esclavage ou de colonialisme. En revanche, les esprits sont encore fortement imprégnés de stéréotypes hérités de l'époque.

Pour ce qui est de la définition du mot Tabou, plutot que de paraphraser une definition du dictionnaire, j'ai préféré analyser les mécanismes qui font de notre histoire coloniale un Tabou.


David: Super! Je vais aller te faire une petite visite pour en savoir plus sur ce nouveau prodige!

30 janvier, 2008 08:13  
Anonymous zebu32 said...

Titophe, tu devrais réécouter l'émission de Taddéi hier (1er février) sur Europe 1 de 15H à 16H (dispo sur le site Europe1.fr. C'était sur l'exclusion et très intéressant. Bonne écoute !

02 février, 2008 04:53  
Blogger Titophe said...

Merci Zébu! Je vais m'y connecter dès que possible.

04 février, 2008 12:53  
Anonymous Gherart said...

Le "Ce soir ou jamais" du 6 février peut aussi vous interesser:

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/videos.php

Enjoy!

08 février, 2008 04:58  
Anonymous Anonyme said...

Le tabou, c'est tout simplement de ne pas pouvoir aborder un sujet par crainte de se voir systématiquement jugé et catégorisé. Actuellement, on est raciste et fier de l'être ou anti-raciste et fier de l'être. Il n'y a aucune place pour l'interrogation, rien. On est "du côté des bons" ou "du côté des méchants". Résultat, certains deviennent "racistes" car ils se heurtent à un mur d'incomprehension pur et simple (je ne parle pas de tous les racistes, certains sont des "purs et durs"), cependant que d'autres, pétris de bons sentiments, épousent le combat anti-raciste, dont certains parfois uniquement "parce que c'est bien". Ce que je constate c'est que personne, d'aucun des deux côtés, ne semble prêt à ouvrir le Dialogue avec la partie "adverse". Comme si tout le monde, (précisément), était "noir" ou "blanc". Le tabou, c'est ça. Et aucun des commentaires que je trouve ici ne semble s'en affranchir.

05 mars, 2008 02:19  
Blogger Titophe said...

Cher anonyme, je partage votre analyse, mais je regrette que vous n'utilisiez pas un pseudo qui rendrait le communication plus sympatique (c'est tres simple, il suffit de choisir l'option Nom/URL)

12 mars, 2008 10:50  
Blogger Nicolas said...

Salut Titoff.
Je vais essayer de m'expliquer brièvement.
D’abord, félicitations sincères pour ta jolie famille.
Le problème spécifique du mulâtre dans cette France métissée n'existe que très peu. Heureusement peut-être. Mais pas sûr.
Le racisme des blancs est là et bien présent. Pour beaucoup, un métis c'est un nègre, point barre!
Mais plus baissant encore est le racisme des noirs envers leurs frères plus clairs!
Dire qu'un métis est noir, c'est insulter sa mère ! (si elle est blanche). Je n’aime pas ces mulâtres qui se disent noirs parce que, comme le dit Obama « on les perçoit ainsi ». D’ailleurs, je pense que ce type, qui a du mérite au demeurant, est trop malin et trop arriviste pour se définir comme tel. C’est juste un truc politique.

Dans la MAJORITE des cas, ce mélange est démoniaque, non accepté. Les métis doivent apprendre à ruser aussi bien avec les autres qu’avec eux-mêmes. La France, c’est bien connu, est un pays d'exception. C'est pourquoi en France le problème du mulâtre est moindre qu'ailleurs. Le fait que Yannick Noah soit Bla Bla Bla « des français » est une bonne blague médiatique qui ne me fait pas rire. Allez dire en Autriche ou en Russie que vous êtes « Afro-européen ! »
Le rejet que vit le métis ne lui appartient qu'a lui même pas à ses parents. C’est lui et lui seul qui devra y trouver des solutions.
Trop souvent, les métis gardent cette souffrance intime pour eux et n'en parlent à personne surtout pas à leurs parents!
Je veux simplement mettre en garde ces couples mixtes qui pullulent de nos jours en France. C'est beau l'amour mais bien souvent le retour du bâton se fait dans la gueule du rejeton café au lait.
Oui, je sais "mais nous, ce n’est pas pareils! » Ils ont tous du se dire ça !
Je n'aime pas ma culture et mon pays africain. Pour justement y avoir trop longtemps vécu.
"Métèque" "blanc » «blanc raté" "faux blanc" "arabe" voilà ce qui attend le mulâtre qui commet l'erreur de vouloir connaitre son pays paternel. Il n’y trouve souvent qu’amères déceptions.
Je ne suis pas d’accord avec Fanon pour qui le but du noir, c’est la « blanchitude ». Je connais beaucoup de noirs qui haïssent les blancs. Par contre, qu’un mulâtre veuille se rapprocher de ses racines européennes, c’est tout à fait normal ! Le métis doit toujours faire gaffe de ne pas se laisser prendre pour le bouc émissaire dans le conflit noir-blanc! S’il est français, qu’il le revendique de vive voix et qu’il n’en ait pas honte.
Avant, je n’aimais pas trop les antillais. Maintenant, je les comprends un peu mieux.
Souvent, en vieillissant, les mulâtres deviennent de farouches adversaires des idéologies égalitaires et socialisantes. C’est qu’ils en ont vu de toutes les couleurs pour réagir aussi négativement. Ils deviennent aussi plus tendres et plus compréhensifs envers leurs parents car souvent, ils ont eu des adolescences particulièrement ardues. Beaucoup ont sombré dans l’alcool et la drogue et en sont morts pour n’avoir pas su tirer profit de leurs mixité, qui, en étant bien utilisée et positive, peut devenir un redoutable atout !
Métèques, soyez fier de vous. Vous êtes beaux!
PS : ce problème, il ne faut pas aussi trop s’en prendre la tête ! Restons zen !

15 octobre, 2008 10:02  
Anonymous Thebraids said...

Nicolas,tu dis :"Dire qu'un métis est noir, c'est insulter sa mère ! (si elle est blanche). Je n’aime pas ces mulâtres qui se disent noirs parce que, comme le dit Obama « on les perçoit ainsi »."
C'est la première fois que j'entends ça.Les noirs(de France) m'ont toujours considéré comme l'un des leurs et les blancs m'ont toujours considéré comme un noir.Je n'ai pas vécu en Afrique et je n'ai pas connu le racisme noir.Ici,je peux dire que je suis noir sans que personne ne trouve quelque chose à y redire.

Je me sens plus noir que blanc.Je n'ai pas l'impression de me mentir à moi-même ou de mentir aux autres quand je dis que je suis noir.Même enfant j'avais conscience du fait que je ne ressemblais pas à ma mère ni à ma famille blanche,que j'étais différent,que j'étais noir.Barack Obama a aussi surtout connu le côté blanc.Je ne suis pas étonné qu'il se considère comme un noir.Dans un milieu blanc on se sent plus noir.Cela dit,je ne rejette pas mon métissage.Je peux m'identifier indifféremment comme noir ou comme métis,mais pour moi c'est la même chose.

"Je veux simplement mettre en garde ces couples mixtes qui pullulent de nos jours en France. C'est beau l'amour mais bien souvent le retour du bâton se fait dans la gueule du rejeton café au lait."
Oui,certaines personnes devraient sans doute y réfléchir à deux fois.

"Je n'aime pas ma culture et mon pays africain. Pour justement y avoir trop longtemps vécu."
Je pourrai dire la même chose de ma culture et de mon pays européen!Beaucoup de gens issus de l'immigration extra européenne ne se sentent pas chez eux ici.Cela dit,je ne me sens pas africain pour autant.

"Beaucoup ont sombré dans l’alcool et la drogue et en sont morts pour n’avoir pas su tirer profit de leurs mixité".
Je ne mettrai pas l'abus de drogue et d'alcool sur le compte du métissage.

"Souvent, en vieillissant, les mulâtres deviennent de farouches adversaires des idéologies égalitaires et socialisantes."Tu parles sans doute de toi là.
Ces idéologies sont des utopies pour moi.Je n'en serai jamais le défenseur ou l'adversaire.

15 octobre, 2008 19:24  
Blogger Nicolas said...

Salut Thebraids, salut Titophe.

Je vous remercie tout d’abord de bien répondre à mes mails et je pense que ce blog est ma foi fort intéressant.
Ce que j’écris est très subjectif. Bien sûr, je tiens compte du fait que l’on a tous un vécu très différent, une personnalité et une psychologie individuelles et que ce n’est pas parce que l’on la même couleur de peau café au lait qu’on a forcement les mêmes idées et la même façon de voir les choses.
Quand j’étais petit, je n’avais pas particulièrement conscience d’être « différent » des autres, de mes copains et cousins blancs. Bien sûr, j’étais « café au lait » mais à l’époque c’était plutôt mignon et pas du tout péjoratif. Ce n’est qu’a l’âge de 11 ans à peu prés, alors que je me promenais avec ma mère et qu’un blanc me cracha à la figure en disant à ma mère qu’elle couchait avec des « nègres » et que c’était donc une « pute » que je compris que j’aurais un avenir pas facile et que quelque chose clochait mais vraiment grave.
Je suis d’une nature hypersensible et dépressive et je prends aujourd ‘hui beaucoup d’antidépresseurs et de tranquillisants. J’ai un peu raté ma vie – n’est pas Obama qui veut – mais je ne vis pas non plus dans une situation catastrophique. J’aurai pu faire mieux, c’est tout.
J’ai actuellement 43 ans. C’est important parce qu’à l’époque de ma jeunesse, la France et ses habitants étaient bien différents de ce qu’ils sont aujourd’hui. Etre métis n’était pas forcément un atout « tendance » « hip » « actuel » et draguer une petite blanche n’était pas toujours évident. J’étais pourtant beau garçon mais j’étais aussi un « basané ». Les filles avaient peur –notamment de leurs parents – de s’engager avec moi. Mais les mentalités ont très vite beaucoup changé et ce n’est plus pareil maintenant. Avoir un petit copain « black» passe très bien aujourd’hui. Enfin, relativement bien disons. Mais passons.
Thebraids, je ne sais pas quel âge tu as. Ni les conditions dans lesquels tu as grandi. Ma sœur est neurologue, agrégée de médecine, elle pourrai facilement trouver du boulot ici mais elle ne veut pas entendre parler de vivre en France (actuellement, elle bosse au Brésil). Comme moi elle déteste la France. L’identité métisse doit revendiquée haut et fort. Si elle a choisi le Brésil, c’est pour le nombre de mulâtres qui y vivent.
Je me répète peut être, mais l’endroit ou l’on à vécu influence nos idées. Je ne me perçois pas comme un « noir ». Je n’aime pas trop les fréquenter. Qu’ils soient africains, antillais, ou je ne sais quoi. Je n’aime pas leurs idées, leurs préjugés et leurs complexes. Beaucoup de métis (ou de noirs) qui vivent ici n’ont pas souvent voyagé. Ils ne connaissent pas beaucoup leurs racines. Moi, je les connais bien. J’ai vécu en Afrique, en Guadeloupe aussi pendant pas mal d’années. Les mentalités des métis de « France » (même si j’en suis un) me font bien rigoler. Pou parler franchement, je ne supporte pas le rap et je méprise les « dreads » (j’écoute principalement les Beatles, les Kinks, les Who, Hendrix, un peu Prince mais pas trop) qui passent leur temps à fumer des pétards avec des blanchettes pas très nettes. Pourquoi ils ne vont pas en Afrique puisqu’ils la revendiquent tant au lieu de trainer dans leurs banlieues ? Je ne suis pas un réactionnaire, mais je trouve leurs comportements carrément à coté de la plaque.
Non, je ne suis pas une espèce de Michael Jackson qui pense que son salut est de ressembler à un blanc. De toute façon, il est noir comme du cirage. Je ne suis pas raciste (comment pourrai-je l’être ?) mais j’aime ma couleur café au lait et ma culture européenne car je pense que c’est une chance d’en avoir une. J’adore ma mère et tous les sacrifices qu’elle a faits pour moi. C’est elle qui m’a éduqué, qui m’a appris à voir les choses. Mon père noir, bien que chirurgien et ministre au Gabon, est con comme un manche à balai, à l’image des états africains ou ne règnent que corruption, prostitution, intolérance et régression, incapables d’évoluer...Bon, c’est personnel, mais je pense que la décolonisation s’est faite bien trop tôt.
Je vais m’en tenir là. Il faudrait qu’il existe cependant une communauté métisse fière, intelligente et belle, assimilant tout l’héritage culturel occidental puisqu’elle en est issue sans éprouver de honte parce qu’ayant du sang noir. J’ai souffert du racisme comme tout le monde, mais je tiens à mon identité et mes idées, certes un peu spéciales, et très politiquement incorrectes.
Je n’aime pas trop la France, croyiez moi, mais puisqu’il faut bien y vivre au risque de devenir « apatrides », alors autant carrément s’y adapter.
Mes meilleurs copains ont souvent été des blancs. Mais j’ai eu aussi de super copains blacks. Je suis plus du « coté » de ma mère, c’est tout.
A mes deux amis, Titophe et Thebraids.

16 octobre, 2008 12:15  
Blogger Titophe said...

Bonjour Thebraids, bonjour Nicolas.
Vos réactions très différentes illustrent bien que la diversité n'est pas une question d'appartenance pigmentaire, mais bien spécifique à la personnalité de chacun (s'il était besoin de le préciser)

Ceci dit, je note que vous êtes tous les deux sensibles au regard "de l'autre", comme je le suis aussi et comme je pense nous le sommes tous dès que l'on veut faire son trou dans une société.

Pour toi, Thebraids, comme pour mes filles d'ailleurs, tu as une connaissance indirecte de tes racines africaines, ce qui t'en donne éventuellement une vision tronquée, ou tout du moins fantasmée. Saches que le rejet est un phénomène universel chez les humains. Au Cameroun, les métis sont surnommés les "ni-blancs, ni-noirs", ce qui peut être considéré avec humour comme un jeu de mots, mais aussi être ressenti comme un rejet pur et simple.

Nicolas, je suis né en 1965, comme toi ;-). Je ne répondrai pas à tout ton message, mais un point m'a interpellé: Tu dis: "...Je n’aime pas leurs idées, leurs préjugés et leurs complexes"
Il y a longtemps, j'ai voulu réfléchir sur ce concept de complexes et l'associer au concept de fierté, c'est dans cet ancien billet. Si tu as le temps de le parcourir, je serais très intéressé d'avoir ta réaction éclairée. Ceci s'adresse à toi, Thebraids, bien entendu.

Bonne journée à tous les deux.

16 octobre, 2008 13:47  
Anonymous Thebraids said...

Salut Titophe.Salut Nicolas, certes nos vies sont différentes mais je me sens assez proche de toi. En tout cas je te comprends et j’arrive tout à fait à me mettre à ta place.

« Je suis d’une nature hypersensible et dépressive et je prends aujourd ‘hui beaucoup d’antidépresseurs et de tranquillisants. » Visiblement la dépression est une pathologie courante chez nous.
« J’ai un peu raté ma vie » Je n’ai que 25 ans mais je suis ton chemin. Dans 20 ans je pourrai sans doute dire la même chose.

« Je me répète peut être, mais l’endroit ou l’on à vécu influence nos idées. Je ne me perçois pas comme un « noir ». Je n’aime pas trop les fréquenter. Qu’ils soient africains, antillais, ou je ne sais quoi. Je n’aime pas leurs idées, leurs préjugés et leurs complexes. » Parfois je pense la même chose des blancs, mais j’ai conscience que c’est mal.

« Pou parler franchement, je ne supporte pas le rap et je méprise les « dreads » (j’écoute principalement les Beatles, les Kinks, les Who, Hendrix, un peu Prince mais pas trop) qui passent leur temps à fumer des pétards avec des blanchettes pas très nettes. Pourquoi ils ne vont pas en Afrique puisqu’ils la revendiquent tant au lieu de trainer dans leurs banlieues ? »

Tu caricatures un peu les métis,et les noirs par la même occasion. Je n’écoute pas de rap(mais je pense qu’il n’y a rien de mal à ça) et je ne fume pas joints. Je ne pense pas que ce soit des « activités de noir».Si tu écoutes les Beatles et les Who,c’est parce que tu as la quarantaine!C’est générationnel. Mais je suis visiblement plus ouvert que toi car j’écoute à la fois les Beatles et Beyoncé!

Je n’idéalise pas l’Afrique et les africains(ce que semble croire Titophe) mais je pense que cette attitude est compréhensible chez certains métis et chez d’autres « basanés » qui se sentent rejetés ici et sont constamment renvoyés à leur statut de métèque comme tu dis.

« Je ne suis pas raciste (comment pourrai-je l’être ?) ».Métis et raciste ce n’est pas incompatible! Si tu parles anglais, clique sur mon lien pour en avoir la preuve!D'ailleurs si tu as un compte you tube n'hésite pas à me contacter.

16 octobre, 2008 15:27  
Blogger Nicolas said...

Cher Titophe, cher Thebraids,

J’ai bien entendu, Thebraids, mais pour l’instant, désolé, mais mes connaissances en informatique sont trop limitées pour l’instant et je n’ai pas encore de compte yutube. Mais je compte y remédier le plus vite possible.

Bon, je vais ralentir un peu sur la pédale et dédramatiser la situation. J’ai écrit il y a quelques jours, sous le pseudo de Nico et sur ce blog, une mauvaise blague faussement raciste – qui a été censurée je crois et a juste titre. Mauvais moment de déprime et de fatigue. Mais avec les élections américaines prochaines, il y a un peu d’électricité dans l’air, dans les communautés noires en tout cas. Remarque : j’ai l’impression que du côté « blanc », l’intérêt pour la chose est beaucoup moins marqué. Pas vraiment essentiel en tout cas. Ce qui prouve que ce que nous disons sur ce blog, reste quand même de la « socio-psychologie des profondeurs. » du point de vue des hommes de couleurs. Mais aussi que « tout ce qui est caché sera dévoilé aux yeux de tous » (Le Christ). Donc, et en perspective de l’élection quasi-certaine d’Obama et de la reconnaissance internationale de son statut social de « métis », parlons-en. Mieux vaut prévenir que guérir car cela, à coup sûr, fera jaser.
Peut être qu’ayant effectivement longtemps vécu hors de France, je suis un peu décalé par rapport à la situation actuelle de la métropole. Je suis parti en 1982 et revenu en 2002. En vingt ans, le « paysage » français a complètement changé. En 82, les noirs étaient beaucoup moins nombreux, plus « complexés » et « névrosés » victimes aussi, mais, paradoxalement, le désir d’intégration était plus développé. C’est dur à dire, mais le niveau intellectuel et culturel était aussi plus élevé. Les antillais et les africains ne se fréquentaient pas, voir se méprisaient. Les maghrébins étaient endogames, communautaristes et racistes. Il y avait des « skins »fachos qui risquaient de vous tabasser au coin de la rue, surtout si vous aviez une fille blanche au bras. Les immigrés africains se faisaient discrets, terrés – (terrorisés ?) dans leurs foyers Sonacotra. Bref, il n’était pas trop bon de n’être pas blanc. Mais nous n’étions pas aussi vulgaires qu’aujourd’hui et on lisait des livres…
Ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est le manque d’inhibition des non-blancs, le mélange des jeunes blacks-blancs-beurs et leur absence de racisme et de préjugés entre eux. Mais sont ils vraiment décomplexés ? Se sentent-ils français pour autant ? visiblement non. Je précise qu’a mon sens, les complexes vont croissants avec l’intelligence et la profondeur du regard. Les fils d’immigrés ont augmenté en quantité mais pas en qualité En banlieue, la violence et la haine ont pris des proportions hallucinantes. Au niveau intégration des noirs et à part le monde du foot, je ne vois pas d’évolution. La ségrégation est toujours bien présente au travail, dans le logement, dans les lieus de divertissement…
Bref, cela nous ramène à la condition particulière du mulâtre en France, qui, logiquement, devrait être mieux intégré qu’ils ne le sont vu qu’ils ont du Sang français et sont nés en France. Je parle bien sûr des mulâtres français de première génération, issus directement d’un mélange noir/ blanc et non pas des descendants de métis, comme les Antillais, qui ont une culture à eux, tout comme les Afro-américains. Les eurasiens (très mal acceptés de partout au demeurant) sont dans la même situation bien sûr, ainsi que les nombreux franco-maghrébins…ect...
Ce que je veux dire, c’est que pour vaincre les xénophobes et les fascistes qui existeront toujours et auront toujours tant d’influence sur les idées de la population, il faut combattre sur leur propre terrain. C’est pourquoi j’ai parlé du sang. Pour moi, c’est très important, n’en déplaise aux « bien-pensants ». Un étranger – noir de surcroit- naturalisé français reste un étranger. Je suis partisan de la politique sarkozienne (qui lui-même n’est pas français selon mon raisonnement) de l’immigration choisie et de la discrimination positive. J’ai des origines allemandes dont j’ai vraiment conscience parce j’en possède le sang, (ma mère) même si cela doit répugner les néonazis. Il faut parfois savoir aussi prendre les choses avec de la distance et de l’humour.
La réussite d’Obama, tout le monde en parle et la connait. Ce qui frappe chez lui, en plus de sa séduction naturelle, est qu’il a su tirer partie de ses origines blanches et métisses et qu’il semble n’en avoir aucun complexe. C’est son heure. Jesse Jackson s’est planté parce qu’il s’est présenté comme un candidat noir. Cela viendra, mais pour l’instant, c’est (beaucoup) trop tôt.
Ainsi se passe le déroulement de l’Histoire. Etre mulâtre –aujourd’hui- est une malédiction/bénédiction. Attention aux apparences trompeuses et hypocrites qui caractérise la
soit disante « exception » française. Connaissez-vous vu un haut politique noir ? Un Homme ? (Rama Yade = femme = passivité = leurre).
Pour finir de vous emmerdez, Titophe : élève bien tes filles, qu’elles deviennent de bonnes françaises belles, intelligentes, cultivées. Elles sont l’avenir de la France. Thebraids : sans t’insulter car tu me parais bien sympathique, sache que tu es « métis » et pas « noir ». Tu as du sang blanc avec toutes les composantes génétiques et sociales que cela implique. Mais il faut que jeunesse se passe…si tu as des copains blacks, choisis les plus intelligents.
J’écrirai quelque chose sur les « complexes », problèmes qui nous concernent particulièrement. Mais bon, là, je pars en Week-end…Salut !

17 octobre, 2008 12:51  
Blogger Titophe said...

Bonjour Nicolas

Ton commentaire sous le pseudo de Nico n'a pas été censuré. Je me refuse à pratiquer cet exercice. C'est simplement que tu l'as posté dans un autre billet: celui-ci

Tu dis: " il faut combattre sur leur propre terrain". Je ne suis pas d'accord. C'est ce que j'ai voulu exprimer dans ce billet: "Combat" anti-raciste?

Bon week-end!

17 octobre, 2008 13:38  
Anonymous Thebraids said...

Nicolas,j'aimerais revenir sur quelques points de ton dernier message :
"Donc, et en perspective de l’élection quasi-certaine d’Obama et de la reconnaissance internationale de son statut social de « métis »

Barack Obama est pour l’instant connu comme le candidat noir aux élections présidentielles américaines. S’il est élu, on se souviendra de lui,dans les livres d’histoire,comme du premier président noir des Etats-Unis pas comme du premier président métis. Le métis n’a aucun statut social…en occident en tout cas(en fin si:noir).

« C’est dur à dire, mais le niveau intellectuel et culturel était aussi plus élevé….Mais nous n’étions pas aussi vulgaires qu’aujourd’hui et on lisait des livres… »
Personnellement, mes amis ne sont ni des incultes,ni des analphabètes.

« Ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est le manque d’inhibition des non-blancs, le mélange des jeunes blacks-blancs-beurs et leur absence de racisme et de préjugés entre eux. »
Faux.Il y a beaucoup de racisme dans la France black-blanc-beur. Les gens qui méprisaient les étrangers quand tu avais 20 ans, on transmis leur préjugés à leurs enfants. Les relations entre noirs et arabes sont assez tendues sans que je sache vraiment pourquoi.

« Les fils d’immigrés ont augmenté en quantité mais pas en qualité »
MDR Tu parles des immigrés comme du steaks ou du pain!

« Les eurasiens (très mal acceptés de partout au demeurant) sont dans la même situation bien sûr ».
Les eurasiens ne sont pas du tout dans la même situation que nous. Les asiatiques sont des blancs à titre honorifique. Les français les aime bien,un sondage les avait même placés en tête de leurs étrangers préférés il y a quelques années. Je ne pense pas qu’un eurasien ait des difficultés particulières pour trouver sa place dans cette société. Ce qui fait peur,ce qui fâche,ce qui dérange c’est surtout le métissage noir/blanc.

« Je suis partisan de la politique sarkozienne (qui lui-même n’est pas français selon mon raisonnement) de l’immigration choisie et de la discrimination positive. » Je suis aussi pour une « affirmative action » à la française.En revanche, l’immigration choisie,je pense que ce n'est que de la démagogie.

« La réussite d’Obama, tout le monde en parle et la connait. Ce qui frappe chez lui, en plus de sa séduction naturelle, est qu’il a su tirer partie de ses origines blanches et métisses et qu’il semble n’en avoir aucun complexe. »
Je crois que tu connais peu le personnage. Obama n’a jamais rien trouvé de positif à dire sur son métissage. Au contraire c’est plutôt une épine qu’il a dans le pied et dont il veut se débarrasser depuis le début de la campagne pour ne pas passer s’aliéner le vote noir.

"il faut que jeunesse se passe…"
Ce n'est pas parce que tu es plus âgé que tu détiens la vérité!Cela dit,j'ai hâte de lire ce que tu as à dire sur les complexes mon vieux.

19 octobre, 2008 14:20  
Blogger Nicolas said...

Salut Thebraids, salut Titophe.


Je n’ai franchement pas voulu te vexer, Thebraids, sur ton âge. Donc, toutes mes excuses si tu l’as mal pris. Un manque de tact de ma part. Mais je sais que tu es intelligent et que tu me pardonneras. Je n’ai pas non plus la fluidité intellectuelle et la culture d’un Titophe. Parler des complexes, pour moi, un « homme de couleurs » qui n’a que très peu fréquenter la Fac, relève de la colle et de la blague. Je vais être un peu long mais je n’en ai pas le choix et je vous prie de m’en excuser.
Mais avant, je tiens à préciser quelque chose : ce que je revendique, c’est la reconnaissance de la spécificité de la minorité « métis » dans la société occidentale. Aux USA, « melting pot »par excellence, il y a évidemment de nombreux métis qui, je pense, résonnent comme moi. Dire que les hommes de couleurs du teint les plus clairs aux noirs les plus profonds font partie d’une seule et même communauté qui serait fraternelle et solidaire de surcroit, c’est complètement faux, faux, faux et il faudrait être vraiment naïf pour simplifier les choses de la sorte. Le (très) maladivement complexé Michael Jackson est un cas d’école à lui tout seul qui démontre bien les complexités et les déchirements de l’âme des afro-américains. Ce type, visiblement, est aujourd’hui un malade mental certes, mon son refus absolu d’assumer sa condition d’homme noir, sa peau noire, ses cheveux crépus et son nez épaté et son obsession de vouloir ressembler à un mulâtre au beaux cheveux d’abord puis carrément à un blanc ensuite dénonce bien les profonds complexes d’infériorité des noirs américains. Michael, artiste médiocre au demeurant, souffre de « négrophobie » ou de ce que l’on peut appeler du « complexe de Sambo ». Et ce complexe, cette névrose est bien plus fréquente qu’on ne veut bien le dire. C’est le Grand Tabou résultant de plusieurs siècles de domination blanche et de soumission noire. Les métis eux aussi ont des complexes, comme tout le monde d’ailleurs, mais ils sont différents.
Les mulâtres avec leur peau claire, semblent moins exposés au complexe de Sambo. Et les métis qui se revendiquent tels, et qui tiennent à ce que cela se sache, existent bel et bien aux USA. En musique pop, par exemple, Jimi Hendrix, métis tourmenté, blanc, noir et indien cherokee (tout comme Obama) est très célèbre mais peu écouté dans la communauté noire-américaine. Sa musique est un mélange détonnant de rock dur blanc et de blues noir et il est
la seul star – que dis-je, un mythe – noire du mouvement psychédélique. C’est une référence, mais pour les musiciens blancs. La musique noire de l’époque n’avait rien à voir celle d’Hendrix. Il en souffrit toute sa vie. Prince, métis également (père noir, mère Latine) mélangea agréablement funk décalée et pop british. Il est, à ma connaissance, le seul « cross-over » de l’histoire du rock, reconnu à la fois par les blancs, les noirs, les jaunes…et je ne parle pas de tous ces métèques (Kravitz, Harper…) dont la musique s’éloigne des canons supposés « noirs » actuels : (Rap vulgaire de bas étage, RnB dégoulinant de guimauve à fric). Ceci dit, les gouts et les couleurs appartiennent à la nature – ici mixted (mélangée)
Revenons à nos complexes.
Ce que j’appelle Sambo est cette espèce de caricature immonde que faisaient les blancs des noirs. Les Sambo étaient des artistes blancs ratés qui pour survivre, se couvraient le visage de cirage très noir, se peignaient la bouche énorme en rouge. Ils s’habillaient de façon ridicule, de manière criarde et mal assortie, les chaussures trois fois trop grandes. Il y a toujours eut des nègres Sambo, mais après la fin de l’esclavage, à la fin du XIX et au début du XXème siècle, quand des noirs des plantations du Sud tentaient leurs aventures en montant au Nord, ce personnage devint très populaire mais aussi de plus en plus caricatural. Le but était bien sûr de faire rire le public blanc qui se régalait quand Sambo faisait l’idiot, à force de grimaces répugnantes, roulants les yeux et ouvrant la bouche comme un cannibale! Il jouait du banjo, chantait et dansait de manière grotesque. Les petits enfants blancs avaient vraiment peur de Sambo. Le petit Michael encore noir, en montant sur les planches, mourrait d’angoisse de se faire passer pour un Sambo. Notons que les noirs aussi, comme les premiers musiciens jazz, se faisaient aussi Sambo en n’en rajoutant une couche si l’on peut dire. Sambo fait partie du patrimoine culturel américain. Il est soit disant sympathique. Pour qui ? les connotations ultra péjoratives et d’un racisme difficilement compréhensible aujourd’hui ne font sourire personne.
Aujourd’hui, on a du mal à comprendre pourquoi la communauté noire – soit disant si solidaire - ne réagit pas ou peu devant ces horribles caricatures. La première réaction se fit (enfin) à la sortie du film du réalisateur sudiste Griffith « Naissance d’une nation », une apologie du KKK ou l’on y montrait des Sambo particulièrement odieux. Et se fut les premières manifestations d’une longue série de conflits de rues interraciaux.

Autre chose. Si les métis ne sont pas reconnus comme faisant partie d’une communauté bien distincte et autre que la « noire », c’est que , en fait, beaucoup de « noirs » américains sont des descendants de métis et ont donc du sang blanc ! les propriétaires, commerçants, trafiquants d’esclaves satisfaisaient leurs envies les plus basses sur les petites esclaves noires terrorisées. La pédophilie et le trafic des fillettes étaient tout à fait normaux ! Personne, même pas les femmes blanches n’y trouvaient à redire. D’innombrables petits cafés au lait virent ainsi le jour de ces unions barbares. Leur destin était complètement variable et allait de la reconnaissance et la réussite à l’abandon total. Quand on regarde les noirs américains, ont s’aperçoit facilement qu’ils sont métis. (Mohamed Ali, Angela Davis, Malcom X sont physiquement plus prés des mulâtres que des noirs). Mais tous se prennent pour des « noirs ».

Je ne sais pas ce qu’est scientifiquement, médicalement un complexe. Tout le monde a des complexes et seul un idiot total pourra s’en passer. Ils sont n’y vraiment bons, ni vraiment mauvais. Ils sont simplement indispensables pour la construction de notre « vraie » personnalité.
Le complexe de Sambo est souvent fréquent chez les blacks très noirs de peau.
Je n’ai pas encore trouvé de mots pour qualifier les complexes des métis de première génération. Ce qui les terrifie, eux, c’est la discordance et surtout la solitude. Ils ont des complexes de bizarreries physiques (bien que beaux !) et sont angoissés par le rejet.

S’il y a une seule communauté « noire » aux USA, c’est que tout bêtement les mariages mixtes ont été longtemps interdits ! Une relation noir /blanc était the tabou.
Mais à présent, cela a changé.
Beaucoup de gens aux USA vont me ressembler aux niveaux des idées !
« Je suis métis, un mélange de couleurs » comme chante le cousin Noah. Pourquoi toutes ces femmes sont blanches ?
Question intéressante. Tchao.

20 octobre, 2008 12:28  
Blogger nicolas said...

Salut Titophe, Salut Thebraids.

C’est encore moi.
Je vais essayer d’approfondir mes réflexions à propos des fameux complexes que l’on attribue aux gens de couleurs.
Mes propos ne tiennent pas à rabaisser, injurier et rejeter les hommes noirs.
Ceci dit, j’en aurai le Droit au nom de la liberté d’expression. Mais je ne suis pas comme ça. Dieudonné, à qui je ressemble physiquement parait-il, s’est fait copain-copain avec Lepen. Mais il n’a jamais rejeté ses origines camerounaises. Dieu seul sait pourquoi il est tellement antisémite. Mais ce que je sais, par contre, c’est que les Juifs n’ont pas beaucoup de considération non plus envers les hommes de couleurs. Dieudonné fait et dit ce qu’il veut. Il ne veut pas –tout comme moi- se laisser enfermer dans les clichés du politiquement correct et il en assume les conséquences car il est costaud.
Une anecdote : j’ai connu il y a quelques années une fille – blanche – avec laquelle j’ai eu une aventure d’une nuit. Après l’action, elle m’a dit froidement : « je hais les noirs…ils sont sales, ils puent…etc. » j’étais interloqué. « et moi ? ». « toi, ce n’est pas pareil. Tu es métis ! » Et d’ajouter : « vous les métis, vous pouvez être les rois du monde ! »Je m’en suis tenu là. Mais j’avais entendu. Détail important et significatif quand même : cette scène se passait en Afrique.
J’ai beaucoup voyagé. Je connais bien la Communauté noire francophone, aussi bien antillaise qu’africaine. Car il fut un temps ou moi aussi, je me suis pris pour un Noir.
Autre anecdote : j’étais avec une assistante sociale en France. Je lui aie dit « je viens du Gabon, je suis africain » elle de me répondre « mais vous n’êtes pas africain vous ! » j’ai insisté. Elle s’est carrément mise en colère. « Non, non, non, vous n’êtes pas africain ! ».
J’ai laissé tomber, un peu honteux même.
Je croyais qu’on pouvait être mulâtre, avoir une culture et une éducation française et être quand même africain. Apparemment non. Ma sœur, neurologue et agrégée de médecine a elle aussi, malgré sa réussite professionnelle les mêmes problèmes que moi. J’ai compris aussi pourquoi je me sentais mal à l’aise et déprimé depuis pas mal d’années. Je n’étais pas noir, je faisais le noir tout comme les « Sambo » du XIX. J’étais faux, ma personnalité fabriquée ne correspondait pas à ce j’étais réellement, je portais un masque. Et je buvais. Beaucoup. Aux Antilles, c’était pareil. Qui étais je donc ? Un « noir » ? Un « blanc » ? J’ai décidé d’être ce que j’étais : un métis, c’est tout.

Bien sûr, vous allez me dire que dans le contexte « occidental », les choses ne sont pas pareilles et que « noir » et « africain » ne sont pas forcément synonymes. Mais les noirs français, qui sont ils donc ? Ne sont ils pas d’origine africaine ou antillaise ? J’ai remarqué que les « hommes de couleur », ici, ont tendance à occulter le problème et à le zapper. Ils sont « noirs et français, c’est tout » et ils se sont inventés une pseudo-communauté bizarre car basée uniquement sur la pigmentation, qui ne me satisfait pas et dans laquelle je ne me reconnais pas. Une famille métissée installée en France depuis plusieurs générations serait donc de la même communauté qu’un sénégalais fraichement naturalisé ?
L’équipe de France de foot, « bien française soit disant », est la risée de l’Europe entière, mais pas par racisme plutôt par ridicule. Car la nuance qu’il y a entre un mulâtre de première génération, un antillais, un blanc et un « noir » saute aux yeux de n’importe quel blanc, aussi inculte soit il. L’accent très marqué d’un Makélélé n’est pas celui d’un français. Il joue pour la France mais en réalité, il devrait jouer pour le Congo.
Quand un métis, en France, me dit qu’il est « noir », si je n’éclate pas de rire, c’est par correction, car rire c’est tuer et je ne suis pas un criminel. De plus, chacun est libre de faire et de penser ce qu’il veut. Après tout, s’il le veut…il y a bien des blancs qui se prennent vraiment pour des arabes et qui parle avec l’accent arabe. ( les musulmans par ex)
Dernière anecdote : j’ai rencontré une fois une religieuse asiatique, mongole je crois, extraordinairement belle ; à un moment elle m’a profondément regardé dans les yeux en souriant comme la Joconde. Ses yeux étaient brillants et perçants, spirituels, et elle m’a fixé ainsi pendant plusieurs minutes. J’avais l’impression d’être jugé par Dieu lui-même et j’ai baissé peureusement la tête. Puis elle s’est approchée de moi et m’a dit dans un français très approximatif : « mais toi, ta mère est blanche, non ? » ses yeux brillaient toujours. Comment diable s’en était elle aperçut, cette chinoise qui n’avait pratiquement jamais vu de noirs ? Et pourquoi a-t-elle tenu à me le dire ? Il y avait plusieurs hommes de couleurs dans la salle, certains étaient des antillais clairs de peau. Elle ne les a pas regardé et ne leur a pas adressé un mot. C’est devenu une gentille amie jusqu'à ce qu’elle ne parte.
Car le monde est vaste et les idées françaises ne concernent que les français.
Thebraids, je ne sais pas d’où tu tiens tes sources, mais dire qu’Obama prenait son métissage comme un désavantage, comme une épine, est peu vraisemblable. L’« Obamania » actuelle vient du fait que justement, il incarne toutes les races et est à lui seul, un vrai symbole d’espoir et aussi qu’il est suffisamment intelligent pour s’en être depuis longtemps rendu compte.
Les journalistes disent le candidat « métis » et pas le candidat « noir » maintenant alors qu’avant, ils ne faisaient pas cette nuance.
Si les eurasiens passent pour des blancs, c’est tout simplement parce qu’ils en ont le physique.
Culturellement, c’est autre chose. Les franco-vietnamiens sont mal vus au Vietnam.

Le métissage actuel est une évolution. C’est pourquoi j’y insiste tant. Ors tout ce qui est nouveau est « mal » car étrange, différent.
C’est pourquoi les mulâtres se disent noirs car ainsi, ils ont le sentiment d’appartenir à une communauté et sont rassurés dans leur identité bicolore. Car, comme je l’ai dit, rien ne fait plus peur à l’homme que de se retrouver seul. En se disant noir, les métis se cachent ainsi dans le troupeau réconfortant et socialement correct, pour pouvoir survivre dans ce monde dominé par les méchants blancs. Mais je ne me suis jamais senti bien dans les communautés et les groupes noirs. J’ai toujours été profondément rebelle. C’est mon coté « blanc », indépendant. Mais jamais voyou.
Je suis aussi un chercheur de vérité et j’adore soulever les masques.
Les valeurs profondes de l’ « occident », je les connais très bien, merci et c’est pour cela que je tiens ce discours. Mes héros sont les « coloured »les mieux adaptés. La « négritude » ne m’intéresse pas (pourquoi pas la blanchitude) ; c’est un concept qui a très (mal) vieilli et lire Senghor ou Césaire serait pour moi très pénible.
Je suis peut être ou même certainement « Alien » comme disent les américains je crois, mais je ne trouve pas ça plus péjoratif que « nigger» « coon » « ape ». (Nègres, chimpanzé). Je me dirai simplement « mixted »
Les métis qui se disent« noirs », je vais désormais les appeler « métis Sambo », car ils se rajoutent une couche de cirage sur leur masque. Ceci dit, sans rancune, Thebraids.
Mais cela suffit pour aujourd’hui. A plus.

Ps : Sambo, ce personnage pittoresque qui est en fait l’image du noir perçu par le public blanc, multiforme puisque changeant suivant les préjugés de l’époque, était à l’origine un petit garçon noir qui jouait du banjo en chantant des comptines dans une espèce de créole anglais. (Enfant= dépendance et ignorance des esclaves.), Le mot Sambo n’existe pas en français mais pourrai correspondre au mot « Bamboula »

21 octobre, 2008 16:26  
Anonymous Thebraids said...

Salut Nicolas,
Reprenons ton dernier message:
« Je n’étais pas noir, je faisais le noir tout comme les « Sambo » du XIX. J’étais faux, ma personnalité fabriquée ne correspondait pas à ce j’étais réellement, je portais un masque. »
Je ne porte pas de masque Nicolas. Je ne suis pas simplement une étiquette raciale,je suis une personne. Je ne joue pas au noir. Ton problème c’est que associes à la négritude un ensemble de comportements, de préjugés et je dirais même un jugement de valeur.
De plus, je n’ai jamais dit que je rejetais le côté blanc. Mais, je me sens plus noir que blanc.....tu me compares à une personne qui se met du cirage et du rouge à lèvre comme "le chanteur de jazz"......Tu ne me ménages pas.

« Thebraids, je ne sais pas d’où tu tiens tes sources, mais dire qu’Obama prenait son métissage comme un désavantage, comme une épine, est peu vraisemblable. »

Lis un peu ça, ce sont des extraits de son livre :

"I never emulate white men and brown men whose fates didn't speak to my own. It was into my father's image, the black man, son of Africa, that I'd packed all the attributes I sought in myself, the attributes of Martin and Malcolm, Dubois and Mandela."-
Je n’ai jamais pris exemple sur les hommes blancs et marrons( sans doute une référence aux métis) dont les exploits ne me parlaient pas. C’était dans l’image de mon père, l’homme noir, fils de l’Afrique que j’ai trouvé toutes les qualités que je recherchais en moi, les qualités de Martin et Malcolm….

« I ceased to advertise my mother’s race at the age of 12 or 13, when I began to suspect that by doing so I was ingratiating myself to whites » ce qui signifie
J’ai cessé de proclamer la race de ma mère à l’âge de 12 ou 13 ans, quand j’ai commencé à me rendre compte qu’en faisant cela je faisais plaisir aux blancs. 

Plus connu est sa remarque dans une émission de radio américaine sur sa grand-mère blanche raciste qu'il qualifie de  « typical white person », personne blanche typique.

« L’« Obamania » actuelle vient du fait que justement, il incarne toutes les races et est à lui seul, un vrai symbole d’espoir et aussi qu’il est suffisamment intelligent pour s’en être depuis longtemps rendu compte. »
Non, il n’incarne pas toutes les races. Les blancs ne se reconnaissent pas en lui(les noirs si). Il sert d’alibi et donne sans doute bonne conscience à beaucoup de français qui le soutiennent et qui ne voteraient jamais pour un candidat noir ou métis aussi compétent qu’Obama s’il se présentait aux présidentielles françaises!Je l’ai dit et je le répète, Obama est connu comme « le candidat noir » et cette épithète le suivra s’il devient président. Personnellement, je n’ai pas attrapé la fièvre Obama et je ne suis pas particulièrement enthousiasmé par la possibilité de son élection.

« les mulâtres se disent noirs car ainsi, ils ont le sentiment d’appartenir à une communauté et sont rassurés dans leur identité bicolore. »C’est vrai qu’il est assez confortable et rassurant de pouvoir être noir parfois.

« Mais je ne me suis jamais senti bien dans les communautés et les groupes noirs. » Te sens-tu plus à l’aise avec des blancs ou avec d’autres métis?Il n'y a pas de communauté métisse en France, alors tu n'as pas trop le choix,c'est les noirs ou les blancs.

"Les métis qui se disent« noirs », je vais désormais les appeler « métis Sambo », car ils se rajoutent une couche de cirage sur leur masque. Ceci dit, sans rancune, Thebraids."Sans rancune mais bon,continue quand même de m'appeler Thebraids!

A + Nicolas!

21 octobre, 2008 18:33  
Blogger Titophe said...

Nicolas, Thebraids, vos échanges sont très intéressants m,ais hors sujet dans le contexte de ce billet. Pourriez-vous poursuivre cette discussion en posant vos prochains commentaires sur le billet Complexes et susceptiptibilité?
Merci d'avance! Celà bénéficiera à une meilleure lisibilité du blog

22 octobre, 2008 08:32  
Anonymous Isa said...

Bonjour Titophe,
Comment vas-tu? Et ta famille?Je suis de passage sur Paris pour une quinzaine de jours.

22 octobre, 2008 11:16  
Blogger Titophe said...

Salut Isa, ma métisse au grand coeur! Comment vas-tu? C'est sympa de passer me faire un petit coucou!

22 octobre, 2008 11:20  
Anonymous Isa said...

oh là là "métisse au grand coeur", tu me flattes :-)))
Je viens très bien; je ne te l'avais pas dit mais j'ai eu mon troisième enfant, une merveilleuse petite fille (enfin!!!).

22 octobre, 2008 11:26  
Blogger Titophe said...

C'est formidable, Isa! Je t'adresse toutes mes félicitations et j'embrasse avec le coeur cette nouvelle citoyenne du monde! Comment s'appelle-t-elle?
Pour info, j'ai eu en mars dernier aussi l'arrivée d'une petite Maelyss, mais ce n'est pas ma fille, ... c'est ma première petite fille!!!

22 octobre, 2008 11:31  
Anonymous Isa said...

Félicitations au tout jeune grand-père! Ta fille a quel âge?
Notre petite s'appelle Linda Nayanka

22 octobre, 2008 11:36  
Blogger Titophe said...

Merci! Ma fille ainée a 23 ans.

22 octobre, 2008 13:11  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home