Racisme et Histoire: Le Tabou

La société Francaise souffre d'amnésie. Elle se refuse à reconnaitre les périodes peu glorieuses de son histoire durant lesquelles l'esclavagisme et le colonialisme ont été justifiés par un racisme institutionnel. Ces périodes sont révolues, mais mal assumées, formant ainsi un bon terreau pour permettre au racisme institué à l'époque de survivre sous d'autres formes.

Vous êtes sur un lieu d'échange et de libre expression

Ma photo
Nom :

Marié a une femme noire depuis bientot 20 ans, père d'enfants metis, je suis de plus en plus inquiet face aux non-dits de notre société occidentale. Admettre et reconnaitre notre histoire dans ses composantes les moins glorieuses serait enfin admettre qu'etre Francais, ce n'est plus seulement etre un descendant des gaulois. Nous pourrions rendre leur dignité a celles et ceux qui se sentent exclus.

Le coin des compteurs
Visiteurs depuis le 17 novembre 2005:

29 février 2008

149 - Cameroun, l'Afrique en miniature...

Revenir à la page principale --- Sommaire de tous les billets
Vendredi 29 février 2008

L'Afrique en miniature. C'est comme celà que l'on désigne le Cameroun. En effet, la diversité géographique, démographique et sociologique de ce pays d'Afrique centrale est totale. Tous les paysages sont présents dans le pays qui s'étend, du Sud au Nord, d'une zone équatoriale, peuplée de pygmées et coiffée d'une canopée de 70 mètres de haut, jusqu'au sahel, bordant le lac Tchad.

Mais aujourd'hui, ce qualificatif prend une signification plus sombre. En effet, depuis quelques jours le Cameroun, jusqu'ici absent de l'actualité malheureuse des guerres et atrocités secouant bien d'autres pays africains, fait parler de lui par des évènements qui autorisent toutes les inquiétudes. Le Cameroun, pays si cher à mon coeur, que j'ai arpenté de long en large il y a 20 ans, va-t-il se transformer en un Rwanda ou un Kenya à feu et à sang? Cette tranquilité jusqu'ici préservée n'était-elle pas l'arbre qui cache la forêt? Cette Afrique aujourd'hui exangue sera-t-elle une nouvelle fois reconstituée en miniature au Cameroun?

Je regrette que cette actualité soit encore trop absente des médias télévisés. Faut-il plus de sang, plus de spectacle dans l'horreur pour que nous nous en émouvions? Et si d'en parler avant que les choses ne dégènèrent permettait d'éviter un drame? Le silence est le pire des complices.

Pour s'informer, il y a heureusement la presse écrite:

Le Monde:
- Portfolio
- Article du 26 février - Douala
- Bilan, le 5 mars

Libération:
- Article du 28 février
- Article du 29 février

Le Nouvel Observateur:
- Article du 27 février
- Article du 28 février
- Bilan, le 5 mars

RFI
- Article du 29 février
- Article du 7 mars

Reuters
- Article du 5 mars

Pour en connaitre un peu plus, voici un site que j'ai créé et que je regrette de n'avoir jamais fait vivre.



Revenir à la page principale --- Sommaire de tous les billets

Libellés : ,

7 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je me souviens des évènements de 1990. L'Afrique de l'Ouest s'embrasait, le Cameroun n'y faisait pas exception et, même dans nos quartiers d'expatriés, nous restions prudents. Comme je ne l'étais pas, prudente, j'avais pris ma voiture pour aller dans le centre de Douala, et me suis collée quelques frayeurs en me trouvant face à la foule et les camions à eau...à l'époque, les Lions indomptables avaient ramené le calme en arrivant en demi-finale de la coupe du monde.

03 mars, 2008 08:57  
Anonymous Isabelle said...

La commentaire précédent n'est pas anonyme, c'est une erreur de manip...
:-)
Isabelle

03 mars, 2008 08:57  
Blogger Titophe said...

Encore la synchronicité. J'étais à Yaoundé durant la coupe du monde 1990. Effectivement , l'ambiance était très spéciale... jusqu'à ce que le Cameroun soit éliminé lors d'un match dont l'arbitre était francais (Michel Votreau). J'ai subi quelques tracasseries administratives suite à cette élimination.
ceci dit, les opérations "ville morte" de Douala étaient postérieures à cette competition, pour autant que je me souvienne.

03 mars, 2008 09:45  
Anonymous zebu32 said...

Il faudrait surtout plus d'intérêts économiques, Titophe. Ou alors une petite visite de Nicolas. Il a l'air brillant dans ses relations avec l'Afrique. Tout en solidarité, en finesse et en encouragements... "Nous, on aime bien les Africains, mais tant qu'ils restent chez eux et qu'ils se débrouillent." Oh pardon, je déforme un peu les propos de Monsieur le Président. A moins que...

03 mars, 2008 11:51  
Anonymous Anonyme said...

Bonjour Titophe,

comment vas-tu depuis tout ce temps? Je te lisais régulièrement même si je ne laissais aucun message. J'espère que ta famille au Cameroun se porte bien.

Ce qui se passe au Cameroun ne me surprend absolument pas. L'Afrique francophone s'affranchit de plus en plus de la France même si le déclenchement des manifestations est du aussi à la hausse des prix et à la volonté sans cesse afficher de nos dirigeants de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir et cela avec la bénédiction des autorités françaises.
Le silence des médias français est éloquent; tout ceci n'est qu'une nouvelle preuve de l'échec des politiques françaises. Il suffit pour s'en convaincre de voir que l'Afrique anglophone est bien mieux loti que la francophone!
J'ai toujours dit à mes amis français que ce qui était arrivé aux français en 2004 en CI n'était que le début et que cela se produirait de nouveau un jour ou l'autre au Cameroun, au Tchad, au Sénégal, au Gabon et au Congo - ce n'est qu'une question de temps car malgré ce qu'elle en dit,la France n'est pas prête de lâcher l'Afrique d'autant que les américains sont de plus en plus nombreux chez nous. Un rapport américain sorti en 2007 prévoyait que l'Afrique francophone fournirait 25% de l'énergie nécessaire à l'économie américaine. Autant dire que les ricains sont prêts à foutre les français dehors s'il faut (d'ailleurs sais-tu que c'est à Abidjan que se trouve la plus grande ambassade américaine en Afrique - dans un pays anciennement colonie française - le symbole est fort).
C'est triste à dire mais je crois que les français n'ont toujours pas compris qu'une nouvelle génération arrive au pouvoir, qu'elle est plus internationale que jamais et qu'elle ne voit la France que comme un petit pays. Certains de mes amis hommes d'affaires ne viennent même plus en France tout simplement pour des histoires de visas alors que les USA leur ont accordé pour certains des visas de 10 ans!

Isa

03 mars, 2008 13:44  
Anonymous Anonyme said...

Titophe,
voici un article de Bakchich sur le Cameroun :
http://www.bakchich.info/article2834.html

Isa

03 mars, 2008 16:24  
Blogger Titophe said...

Zebu, Isa, pardon pour mes reponses tardives, mais je suis sur des charbons ardents coté boulot, avec quasiment aucun moment de detente.

Oui, bien entendu, Sarko se moque du sort des camerounais pris dans la tourmente de la dictature, mais il redoute aussi, au nom de la France, les revelations probables que pourraient faire tous les chefs d'etat africains. Je pense que c'est surtout le second argument qui justifie le tabou sur ce sujet. Admettre et reconnaitre les exactions honteuses de la France durant la periode post-coloniale, c'est se donner la liberté de briser ces tabous. Celà requiert du courage et de la finesse...

12 mars, 2008 10:48  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home