Racisme et Histoire: Le Tabou

La société Francaise souffre d'amnésie. Elle se refuse à reconnaitre les périodes peu glorieuses de son histoire durant lesquelles l'esclavagisme et le colonialisme ont été justifiés par un racisme institutionnel. Ces périodes sont révolues, mais mal assumées, formant ainsi un bon terreau pour permettre au racisme institué à l'époque de survivre sous d'autres formes.

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Marié a une femme noire depuis bientot 20 ans, père d'enfants metis, je suis de plus en plus inquiet face aux non-dits de notre société occidentale. Admettre et reconnaitre notre histoire dans ses composantes les moins glorieuses serait enfin admettre qu'etre Francais, ce n'est plus seulement etre un descendant des gaulois. Nous pourrions rendre leur dignité a celles et ceux qui se sentent exclus.

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28 novembre 2005

6 - Ghettos, banlieues : Le choc des valeurs

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Lundi 28 novembre 2005

C’est d’actualité. Les banlieues s’enflamment, alors chez les politiques chacun y va de sa bonne intention, de l’idée géniale qui va le plus frapper les esprits, mais sans prendre de risque. Malheureusement, aucun n’a le courage et le culot de toucher du doigt réellement le point sensible. Pourtant, il ne faut pas se méprendre, tous les hommes et femmes politiques savent très bien ce que j’ai dit dans les billets précédents. Ils sont intelligents et informés. Ils ont même étés notifies par les Nations Unies en 2002 de mettre en route des politiques de reconnaissance et de pardon.

Que se passe-t-il dans ces fameuses « banlieues » ?
On a petit a petit regroupé des populations immigrées qui toutes, sans exception, sont issues de peuples ayant subi, dans les décennies et siècles précédents les affres de l’esclavage et du colonialisme. On aurait voulu (sincèrement, je le crois bien volontiers) que ces populations se fondent dans le reste de la société Française au cours des générations successives. Seulement on a fait une erreur suprême, on a oublié d’adapter la société Française afin de pouvoir intégrer ces populations. Finalement, on a supposé que seules les population rentrantes auraient un effort d’adaptation a faire. Je pense qu’on a occulté un facteur de taille : la motivation. En effet, ces populations auraient été en principe prêtes a cette intégration, a condition de le vouloir, de ressentir le besoin de s’intégrer. Que signifie d’ailleurs s’intégrer ? Ma compréhension est qu’il s’agit d’adhérer à un ensemble de valeurs qui fondent une société, une communauté. On pourrait appeler cela une « communauté de pensée ». Malheureusement, tant qu’une société n’a pas ouvertement, bruyamment, largement rejeté ce passé obscur du colonialisme et de l’esclavagisme, alors elle n’a pas rejeté de ses valeurs le racisme qui avait lui-même justifié et légitimé ces pratiques. Ainsi, la société qui voudrait intégrer les nouveaux entrants dans son ensemble de valeurs, demande à cette population de faire sienne la valeur « racisme ». C’est tout simple et pourtant je trouve ceci d’une évidence troublante.

De nombreux contradicteurs m’opposeront la réussite de telle ou telle personne issue de l’immigration. Mais peut-on vraiment parler d’intégration ? N’a-t-on pas finalement affaire à des individus très intelligents qui savent aller au-delà de leurs valeurs pour atteindre leurs objectifs ? Peut-on sincèrement demander à toute une population de rentrer dans la même logique ? Et puis, ces petits génies que l’on monte en épingle ne renferment-ils pas au fond d’eux-mêmes des frustrations ? Je doute qu’ils soient devenus racistes. Ils savent « vivre avec », c’est tout. Mais c’est aussi trop demander a l'ensemble d'une populaion.

Par contre, si enfin notre société accepte de changer, accepte de faire cet effort de reconnaissance, alors les valeurs de notre société seront tout a fait a même de recevoir nos nouveaux compatriotes. Et eux ne demandent que cela ! Les banlieues ne seront plus des ghettos mais des lieus ouverts à l’espérance. C’est cette même espérance qui a conduit ces populations à nous rejoindre, alors…

Je reviendrai certainement dans un prochain billet sur les valeurs, sur les différences de valeurs et surtout sur les valeurs communes. Mon expérience m’a en effet montré que les différences sont minimes. Faire fusionner nos systèmes de valeurs n’est pas impossible, c’est simplement aller les uns vers les autres.



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3 Comments:

Blogger Jean said...

Entierement d'accord avec ce que vous avez écrit .
D'autant plus que depuis que vous avez écrit ce mot , l'Assemblée Nationale a rejeté la proposition de loi qui aurait pu être un début de prise de conscience .

30 novembre, 2005 19:11  
Anonymous Anonyme said...

Une societe est souvent gouvernee pas ses interets corporatistes, que ce soit la France, l'Allemagne, l'Angleterre, les Etats-Unis. Quand ceux-ci sont en phases avec l'immigration ca se passe plutot bien. En revanche quand les immigres sont dans le mauvais camp (leur venue et leur integration sont contraires aux interets en place) ca se passe moins bien.
Si les vagues d'immigration d'Europe de l'est sont mieux passees en France que l'immigration plus recente, c'est peut-etre plus du a un changement de la societe francaise et de ses interets dominants qu'a une quelconque difference culturelle.

Tout ca pour dire que les problemes actuels sont plus dus au fonctionnement du pays, qu'a de mauvaises intentions. Pas pour dire que les intentions sont tres bonnes, mais finalement l'intention compte pour peu quand il s'agit de l'interet economique et social de chacun. Et oui les etres humains sont egoistes!

09 décembre, 2005 03:41  
Blogger Joël Monpère said...

>on a oublié d’adapter la société Française afin de pouvoir intégrer ces populations. Finalement, on a supposé que seules les population rentrantes auraient un effort d’adaptation a faire.

Vous mettez le doigt où cela fait mal Christophe.
Il faut abandonner cette vision que l'immigration serait un jeu gagnants/perdants. C'est un jeu gagnants/gagnants.
Je m'explique: les immigrés sont, globalement, gagnants s'ils viennent dans un pays riche tel que le notre. Mais nous aussi sommes gagnants: sans l'arrivée de cette jeunesse nous serions incapables de faire face au vieillissement de la population et serions condamnés à la ruine (ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les Nations Unies).

Dans ces conditions, les efforts doivent être équitablement partagés. Les immigrés ont fait des efforts quasi inhumains en quittant pays,familles et terres. C'est maintenant à nous d'aller vers eux en partageant leurs valeurs, leurs cultures et leurs traditions.

Joël Monpère
http://joelmonpere.blogspot.com/

18 décembre, 2005 21:03  

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